Par : mondessensibles

Mai 26

Catégorie: mondes croisés

Poster un commentaire

« Comment, dès lors, ne pas voir ou entrevoir tous ces traits, toute cette graphie, comme la mémoire ou le relevé de déchirures en acte, de déchirures vivantes ? Toute lézarde sur une vitre précède et nomme le bris, l’effondrement du plan. Toute lézarde sur une muraille raconte le travail plus ou moins sourd d’une ruine, d’une chute causée par un processus de dissociation, d’ouverture interne. Ici, sur la paroi, toute graphie cachera donc un creux virtuel. Or, tout creux nous parle – en sculpture, comme dans l’expérience visuelle ou fantasmatique la plus intime – de notre corps. Notre corps livré, non à l’espoir d’une définition ou d’une sommation (d’une assomption), mais à cette inquiétude ou toute graphie nous parlera d’anatomie, mot dont l’étymologie, on le sait, ne parle elle-même que de déchirure ou de découpe. »

Georges Didi Huberman – La demeure, la souche – Apparentements de l’artiste – Les éditions de minuit – 1999

20140526 Comment ne pas voir

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s